La pire gueule de bois de toute ma vie

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Je ne suis pas très active depuis un petit moment, et je n’ai pas eu le courage de m’exprimer avant…

J’ai beaucoup écris depuis le 13 novembre, mais c’était plutôt pour moi, pour tenter d’évacuer ce trop-plein d’émotions qui me donne l’impression d’être constamment en train de suffoquer. Mais aujourd’hui, après plusieurs jours d’abattement et de larmes, je m’installe à nouveau devant mon clavier, pour tenter d’avancer.

Lorsque s’est arrivé, j’étais chez un ami, avec toute la bande habituelle, fille unique entourée de mes petits princes. On se marrait bien. C’était un joli vendredi soir. Pour une fois, j’avais décidé de rentrer à la maison tôt parce que j’avais pas mal de boulot, et travailler avec la gueule de bois, c’est nettement moins efficace.

Et puis à 22h j’ai ouvert mon application Twitter. Et j’ai vu deux petits tweets aux accents paniqués demandant aux parisiens de rester chez eux et de « faire très attention ». Là, j’ai paniqué instantanément. Je ne sais pas pourquoi, car d’habitude, je suis un peu lente à la réaction, mais peut être que j’ai senti que quelque chose n’allait vraiment pas. J’ai switché de pièce pour allumer la télé, et là, j’ai plongé dans l’horreur, comme nous tous ce vendredi soir.

Ont suivies les heures d’angoisses devant l’écran, d’abord seule puis rejointe par les copains, qui ont fini par ressentir ma panique et ont prit conscience du drame. Ces longues heures où j’ai été tout à fait incapable de bouger, de pleurer ou de réfléchir plus loin que « je ne veux pas bouger ». J’ai dormi chez J.

Et puis je me suis réveillée. Toutes les heures, tout le temps, invariablement. Et j’ai fini par me levée, le lendemain matin.

J’en ai vécue des gueules de bois, et des sévères. Mais je peux vous assurer que de ma vie, celle ci surpasse toutes les autres. Titubante et émotionnellement vidée, j’ai priée pour avoir rêvé. Mais non, ce n’était pas un cauchemar, encore moins une blague. Tout était vrai.

Alors s’est creusé, lentement, doucement, mon weekend. J’ai allumé des bougies. J’ai tenté de travailler pour noyer mon cerveau dans autre choses. J’ai évité les réseaux sociaux qui dégueulaient tous des séquelles de leur cuite monstrueuse.

Et lundi, à 8h, devant mon professeur qui a éludé le sujet (trop touché certainement), j’ai rencontré d’autres regards terrorisés, d’autres visages qui portaient encore les stigmates de la « caisse du siècle ». Je me suis rendue compte qu’on avait, malgré nous, tous participé à cette soirée macabre, à cet excès de violence qui vomissait encore sa haine sur nos têtes consternées. Et malgré nous, même si on avait envie d’être fort, et de clamer qu’on se battrait, on se chiait littéralement dessus. Tous. Parce que c’est notre monde, c’est notre avenir proche, c’est des gens comme nous qu’on a attaqué. Qui ne sort pas le vendredi soir ?

Et les jours sont passés. J’ai continué à allumer des bougies. J’ai continué à y penser. A pleurer. Je suis allée Place des Droits de l’Homme écouter le maire parler. J’ai passer des heures entières à me taire. J’ai dédié mes six heures de silence et de réflexion de mercredi après midi aux victimes, aux familles et au combat contre l’obscurantisme. Ma copie, bien plus que d’habitude, avait à la fin une valeur symbolique.

Et aujourd’hui, après avoir lu l’espoir, la force, la détermination dans tous les coins du web, je me range à leurs côtés, pour tenter l’optimisme, pour réhabiliter l’humour et pour continuer d’exister suivant les valeurs que j’ai choisi.

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Alors je dis NON à l’obscurantisme et à la bêtise humaine, et je vous invite, vous qui me lisez, à continuer à leur cracher à la tête notre vision de la vie, nos envies simples de boire un verre en terrasse, de danser sur de la bonne musique, d’embrasser les autres à pleine bouche et surtout de vivre libre.

Continuons à prendre des caisses, à être rond comme des queues de pelles, à boire comme des trous, à être complètement torchés, pour clamer la vraie valeur de la gueule de bois : celle d’être le reflet du bonheur, de l’euphorie, et non de la douleur, de la tristesse et de la terreur.


P.S. :
Chers terribles crétins, je vous rassure, la violence n’est pas une preuve de sagesse, promis, vous n’êtes pas contaminés.

(Cet article est rédigé avec le cœur, avec le cul et avec l’émotion.)

Paris ma douce, je t’adresse ici quelques pensées émues. Sois certaine que malgré tes blessures, je t’aime toujours autant, et je reviendrai te voir dès que possible.

Je vous embrasse, prenez soin de vous tout plein, et où que vous soyez, n’oubliez jamais que l’être humain tombe, mais qu’il a été fait pour pouvoir se relever.
Bisous,
Camille.♡

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